Aider les enfants en difficulté…N'oublie jamais de regarder si celui qui refuse de marcher n'a pas un clou dans sa chaussure…(F. Deligny)

L'enfant est un feu à allumer, pas un vase à remplir (F. Rabelais)

 

Les parents à l’école? P. Meirieu répond aux enseignants

Publié dans l’hebdomaire   »La vie »

Reproduit avec l’aimable autorisation de Philippe Meirieu.

Les parents à l’école ?  Institutrice depuis de nombreuses années en maternelle et primaire, je suis éberluée par l’interventionnisme des parents et leur manière de toujours accuser l’école. Quoi qu’il arrive, c’est toujours de ma faute ! Ils ne se remettent jamais en question et, si j’ai l’air dubitative devant leurs accusations, ils me laissent entendre qu’ils peuvent toujours changer leur enfant d’école. (Danièle, Paris) 

On comprend bien votre agacement… Même s’il résonne étrangement à côté des témoignages qui stigmatisent la démission de certains parents. En réalité, je crois que la plupart des familles ne comprennent pas très bien ce que l’école attend d’elles. Elles prennent à cœur, légitimement, la réussite de leurs enfants, mais ne savent guère comment s’y prendre. Elles oscillent ainsi, parfois, entre une confiance aveugle et un interventionnisme systématique. 

Ce phénomène n’est d’ailleurs pas spécifique de l’institution scolaire : nous le voyons émerger aussi bien dans la médecine que dans la justice. L’individualisme social contemporain a largement contribué, en effet, à modifier le rapport que nous entretenons avec ces grandes institutions : chacun d’entre nous voudrait y être accueilli les yeux fermés et en toute confiance, comme s’il était le seul et qu’on ait les moyens de lui donner entièrement satisfaction tout de suite… Quand il découvre que cela ne fonctionne pas, il se comporte alors comme un client mécontent qui cherche à faire valoir ses droits à tout prix et n’hésite pas, effectivement, à brandir la menace du : « J’irai voir ailleurs ! ». 

Ce phénomène vient, à mon sens, du fait que les « usagers » ont supplanté « les citoyens » et que la notion même de « service public » a tendance à se dissoudre. Car, ce qui caractérise précisément, un « service public », c’est qu’il se veut au service du « bien commun » et doit associer les citoyens à l’amélioration de son fonctionnement. C’est cette procédure qui est grippée partout, en particulier à l’école. 

Ainsi, les parents, n’ayant pas la possibilité d’être entendus et pris au sérieux de manière démocratique et collective, se replient sur le seul rôle qu’on veut bien leur laisser, celui de « consommateurs d’école ». C’est pourquoi je crois qu’il faut vraiment travailler à instituer des espaces d’accueil et de parole, des temps de concertation constructive entre les enseignants et les familles. Ils doivent devenir des alliés, dans le respect de leurs spécificités réciproques, pour l’éducation de l’enfant. Il y a aujourd’hui un ensemble de questions importantes sur lesquelles nous devons travailler en commun : de l’utilisation de la télévision à l’entrée dans la lecture, de l’organisation de la semaine scolaire à l’élaboration des outils de liaison. Autant de chantiers à ouvrir pour être ensemble « citoyens de l’École de la République ». 

Dans :
Par Nath
Le 1 avril, 2009
A 20:55
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